Verschenen in Pistonnage,

21ste jaargang, nummer 4, Parijs, 2006

 

 

Image portuaire

 

Soyez tranquilles vieilles vagues, personne
ne connaît le chemin. Nous vagabondons entièrement chez nous.
 

Bombant comme une écriture de fillette exprime
la consolation de la pluie sur des grues. Craie blanche,

 

signes qui se répandent. Le monde est tellement étendu :
des mouettes rasent stridentes le long du biseau.

 

 

Marionettiste

 

Se tenant lâches entre ses doigts comme des rênes, les ficelles.
Avec de frêles choses suggère-t-il une danseuse.
Elle ne court point, voltige : esseulée et papillonnant.

 

Ses mains se meuvent comme d’un héron les ailes.
Chacun retient son souffle lorsqu’en gracieuse
ondulation sa vie trébuche, véritablement réelle un instant.

 

Elle se laissa doucement trépasser.

 

 

Paysage d’hiver aux petits choucas

 

Auprès du tableau de Valerius De Saedeleer

 

Voyez, tout commence. L’ombre ronge
le vide des champs. Inexorable déploiement.

 

Dans ce cadre les collines ont droit à l’arrêt,
point les arbres ni le crépuscule. O, cette absence de proche.

 

L’hiver ne connaît point de tristesse mais l’âme tendue
comme un ventre gros est pleine de fourré. Il n’y manque pas grand-chose.